Innovez, ralentissez !

Accélérer, empiler, accumuler, privilégier la quantité de nos accomplissements à la qualité, avoir l’air si occupé qu’on ne peut pas se permettre de perdre deux minutes pour échanger avec le collègue que l’on croise entre deux réunions, en être fier tout au fond de soi même si on s’en défend à voix haute, mesurer l’importance que l’on nous accorde (et que l’on s’accorde) à l’épaisseur des responsabilités qu’on nous confie, désormais, c’est surfait !

Innovez, et ralentissez !

La vraie innovation ne loge pas en effet dans telle méthode de management ou telle autre, et encore moins dans celle qui vous promet à grands renforts de marketing d’accomplir encore plus en moins de temps ! La vraie innovation est celle qui vous amène à faire un pas de côté.

Dans son dernier livre, L’heure tourne (2018, Quanto), Simon Garfield évoque les travaux de Julian Birkinshaw et Jordan Cohen, publiés dans la prestigieuse Harvard Business Review1 : les deux professeurs ont en effet constaté que l’affairement n’est pas productif en lui-même. Incitant, lors de formations continues, les employés à ralentir et à réfléchir davantage à ce qu’ils font, ils notèrent que ces derniers économisaient en moyenne 6 heures de travail de bureau et 2 heures de réunion par semaine.

  1. 1.Make Time for The Work That Matters

Marquez une pause et faites un pas de côté

Stoppez votre course perdue d’avance, posez-vous un instant (ou plus), prenez une grande respiration, et observez. Observez avec recul, objectivité et donc sans affect, la façon dont vous travaillez. Ne jugez pas, ne condamnez pas, observez simplement.

Observez pendant une semaine au moins votre journée de travail, vos relations avec les autres, et portez une attention particulière au rythme que vous vous imposez.

Au terme d’une semaine, faites le bilan.

  • Avez-vous été surpris de la façon dont vous vivez votre temps, dont vous l’occupez, consciemment ou non ?
  • Avez-vous pu repérer des marges de manœuvre pour travailler autrement, différemment, et surtout plus lentement, bien sûr pas forcément pour toutes vos tâches, mais pour certaines d’entre elles, celles qui méritent réflexion, et qui méritent toute votre attention ?

Faire le choix de travailler chaque jour avec intelligence plutôt qu’avec excès

Difficile, je le sais par expérience, de modifier des habitudes qui nous ont été transmises et que l’on a fait siennes depuis très longtemps, souvent depuis le début de notre vie professionnelle, voire de notre vie étudiante !

Difficile enfin de rentrer consciemment « en résistance » face à une culture d’entreprise qui encourage et valorise la performance et la productivité quel que soit le prix à payer, mais souvenez-vous, c’est le lot de celles et ceux qui depuis de la nuit des temps, comme Galilée, Socrate, Léonard de Vinci, Picasso, Salvador Dali avant vous, sont en avance sur leur temps et n’ont pas peur d’innover, quitte à passer pour des illuminés !

Au-delà de la question, pourtant centrale, de la prévention de l’épuisement, qui fait rage dans les services, l’entreprise d’aujourd’hui ne peut globalement plus perdurer dans des modes d’organisation du travail qui privilégient le « court-termisme », le culte de l’urgence et le multitasking, au détriment de la santé des salariés et de la qualité de vie au travail. Le slow management, comme le slow working, ou encore le slow business, qui fait une percée timide mais remarquée dans nos entreprises, réhabilite la qualité au détriment de la quantité, et nous rappelle que pour travailler mieux, il faut travailler plus lentement.

Réapproprions-nous notre temps, y compris dans nos entreprises !

Et pour vous mettre le pied à l’étrier, voici 5 mantras qui vous aideront à vous souvenir qu’innover, c’est d’abord ralentir :

  1. J’adopte en conscience le slow working et intègre une fois pour toutes que je peux travailler mieux en travaillant moins.
  2. Je choisis dès aujourd’hui de travailler chaque jour avec intelligence plutôt qu’avec excès !
  3. Je prends un temps de réflexion, chaque matin, avant de démarrer ma journée et d’entrer de plein fouet dans l’opérationnel de mon travail, pour définir mes 3 à 5 grandes priorités du jour.
  4. Je passe d’une représentation linéaire à une représentation stratégique du temps en réhabilitant dans mon agenda, idéalement chaque semaine, des plages de « non-disponibilité » dédiées à la réflexion.
  5. Je sors du conditionnement de la réactivité et de la culture de l’urgence et de l’immédiateté en affectant à mes diverses préoccupations (au sens large) un espace bien identifié dans mon agenda.

La modération en réponse à nos vies encombrées

TROP. Trop de tout. Trop de possibilités. Trop de sollicitations. Trop de choses à faire. Trop de choix dans les rayons. Trop de choses dans nos maisons. Trop d’informations à lire. Le trop est partout. Il envahit tout, nos espaces, de vie, de travail, notre agenda, nos ordinateurs, nos messageries. Il encombre nos vies, il sature notre cerveau, il nous écrase.

Et si, finalement, la modération était la clé d’un rapport au temps pacifié et de notre équilibre ?

Et si, plutôt que de chercher comment faire pour accomplir toujours plus dans un temps forcément limité, nous choisissions délibérément de restreindre nos envies et de revenir à des ambitions plus réalistes ?

Notre vraie liberté ne pourrait-elle pas résider dans notre capacité à limiter notre appétit toujours plus grand ? Ce même appétit qui nous pousse parfois, de manière frénétique et incontrôlée, à vouloir toujours plus, à vivre toujours plus d’expériences, à viser toujours plus haut, à travailler encore plus fort pour pouvoir nous offrir encore plus de possessions matérielles, lesquels finissent invariablement par nous encombrer et pour lesquelles nous dépensons, en bout de course, beaucoup de temps et d’énergie lorsque l’envie nous prend de désencombrer et d’alléger notre vie… La boucle est bouclée !

Ne pourrions-nous pas prendre le contre-pied de ce mode de fonctionnement insensé pour nous poser la seule et unique vraie question : « Assez, c’est combien pour moi ? »

Suis-je en capacité de me satisfaire, aujourd’hui, de ce que j’ai déjà ?

Est-ce que je prends le temps, lorsque j’ai atteint un objectif, ou un simple palier, de savourer le chemin parcouru avant de jeter toutes mes forces dans un autre graal à atteindre ?

C’est en tous les cas une piste de réflexion à creuser pour qui nourrit l’intention sincère de se réapproprier son temps et de retrouver le plaisir d’être et de faire au cours du chemin.

Une invitation à faire la paix avec soi

La modération, si chère à Pierre Rabhi1, est une invitation à faire la paix avec soi. Elle permet, même temporairement, d’accepter de déposer les armes pour vivre une vie plus harmonieuse et respectueuse de son propre rythme biologique.

Elle nous apprend à reconnaitre nos propres limites et à détecter que ce énième projet sera probablement le projet de trop, celui que nous aurons du mal à honorer et qui nous éloignera définitivement de notre équilibre.

Elle nous permet de ne pas vivre constamment dans un futur hypothétique mais au contraire d’être davantage ancré dans l’instant présent. Elle nous invite à apprécier pleinement notre expérience actuelle, telle qu’elle se présente à nous maintenant, avec les trésors qu’elle recèle (pour peu qu’on ait suffisamment de temps et d’attention à leur accorder) et avec ses imperfections aussi.

Nous pouvons adopter l’esprit de modération dans les choix que nous faisons, dans notre façon de consommer, dans notre rapport aux choses (matérielles comme immatérielles), dans notre relation au temps et aux autres.

  1. La puissance de la modération, Pierre Rabhi, Editions HOZHONI, 2015.

Cultiver l’audace d’être différent

Mais pour y parvenir, nous devrons d’abord renoncer une fois pour toutes à « faire comme les autres ». Nous devrons faire confiance à notre intuition et nous mettre prioritairement à l’écoute de notre ressenti, nous détacher du regard des autres et avoir l’audace de choisir notre propre voie, au risque parfois de déplaire, ou d’être simplement différent !

Parce que nous sommes incontestablement les mieux placés pour savoir ce qui est bon et juste pour nous. Juste assez.

Ni plus ni moins.


L’outil magique : 288 tranches de 5 minutes dans une journée !

Il est un outil que nous possédons tous, à tout instant, toujours là, à portée de mains… Nous l’avons tous dans notre boîte à outils, sans distinction, sans discrimination. Et bien qu’il soit à portée de mains, nous ne l’utilisons pas suffisamment, en tous les cas pas aussi souvent que nous le pourrions.

Il est pourtant bigrement utile !

Pour mieux vivre notre temps, et savourer l’instant…

Pour gérer notre énergie dans la durée, digérer nos émotions ou encore rester serein face à la pression…

Je l’ai moi-même apprivoisé au fil du temps et l’utilise désormais depuis des années. Aujourd’hui, je le recommande à la moindre occasion, convaincue depuis longtemps par sa simplicité (il ne coûte rien) et son efficacité. Un outil vraiment magique !

5 minutes !

Je ne vous fais pas languir plus longtemps, cet outil magique se résume en deux mots simples :  5 minutes !

5 minutes, c’est court et c’est long à la fois ! Il peut se passer tellement de choses en 5 minutes… Tellement.

Les 5 minutes dont je vous parle aujourd’hui, ce ne sont pas n’importe quelles 5 minutes. Ce sont :

  • les 5 minutes de silence que vous choisirez de vous accorder par jour, 5 minutes de pur « rien » pour arrêter le temps, reprendre votre souffle et retrouver votre centre.
  • les 5 minutes de marge qui vous permettront de ne pas partir en courant le soir pour aller chercher vos enfants à l’école. 
  • les 5 minutes de blanc que vous vous accorderez entre deux activités, comme un sas de décompression pour mettre un point final à une tâche et vous rendre disponible pour une autre.
  • les 5 minutes que vous prendrez le matin pour faire un câlin à vos enfants ou à votre moitié.
  • les 5 minutes dont vous aurez besoin pour laisser votre émotion du moment, toujours passagère, qu’il s’agisse d’une colère ou d’une peur, vous traverser avant de s’en aller.
  • les 5 minutes de pause que vous prendrez au travail pour prendre conscience de vos tensions, redescendre dans votre corps, revenir à votre ressenti et vous étirer comme un chat.
  • les 5 minutes qui vous permettront de sortir de l’inertie et de vous mettre en mouvement quand une tâche vous rebute ou vous fait peur, le plan des 5 minutes étant sans conteste la plus efficace des stratégies de temps limité et le meilleur remède à la procrastination.
  • Ce sont enfin les 5 minutes de rituel que vous prendrez le matin pour définir vos priorités du jour avant de vous laisser kidnapper par les (fausses ?) urgences qui ne manqueront pas de se présenter à vous, ou encore le soir avant de partir, histoire de boucler votre journée et de laisser au travail ce qui n’appartient qu’au travail.

Mais il en existe beaucoup d’autres, à vous d’inventer les vôtres !

Saviez-vous d’ailleurs que vous disposiez dans votre boîte à outils personnelle de 288 tranches de 5 minutes dans une journée ?


288 tranches de 5 minutes dans une journée  !

Vous n’avez peut-être pas une heure à consacrer chaque jour à votre équilibre et à votre bien-être mais vous pourrez probablement plus facilement leur consacrer 5 minutes…

Et ce sont ces 5 minutes-là qui feront une vraie différence et qui pourraient bien, mine de rien, transformer votre vie.


50 mantras pour se réapproprier son temps

Au Printemps 2016, lorsque Rustica Editions m’a proposé d’écrire un livre sur ma démarche d’accompagnement en gestion du temps, Magical Timing, L’art de retrouver du temps pour soi, j’ai eu pour ainsi dire carte blanche ! Un bonheur…

Très vite, j’ai voulu proposer deux parties bien distinctes, une partie pour prendre conscience, et une autre pour mettre en pratique. Mon intention dès le départ était de dépasser la théorie, toujours un peu « facile », et de proposer des pistes concrètes, applicables, courtes et aussi variées que possible pour retrouver du temps pour soi, et ralentir le rythme.

J’ai enfin choisi de proposer à mes lectrices (et j’espère à mes lecteurs aussi !) un condensé de toutes ces pistes sous forme de liste : 50 pistes essentielles à retenir pour se réapproprier son temps !

Histoire de les avoir facilement sous la main, comme une forme de mémo…

Ces 50 pistes essentielles peuvent véritablement agir comme des mantras, et pourront même servir de support à vos séances de méditation de pleine conscience, si vous méditez.

Et parce que je les trouve sincèrement utiles, j’ai souhaité vous donner la possibilité de les télécharger gratuitement : 

Télécharger le PDF

Enfin, j’ai inséré après la liste des 50 mantras pour se réapproprier son temps deux pages de notes afin que vous puissiez créer et noter au fur et à mesure vos propres mantras à vous !


S’asseoir pendant une minute, c’est déjà pratiquer la méditation !

Crédit photo : Barbara Rolland

Crédit photos : Barbara Rolland

Parce qu’elle est la réponse la plus évidente à l’agitation du monde, la méditation dans sa forme laïque connait ces dernières années un essor qui ne faiblit pas. Elle séduit autant le dirigeant d’entreprise (qu’il soit homme ou femme) qui a besoin de s’extraire de la pression à laquelle il est quotidiennement soumis que le parent surmené en quête de sérénité, et ses bienfaits désormais scientifiquement reconnus lui permettent de se tracer un chemin, bien qu’encore timide, dans le monde du travail et les écoles.

Mais en quoi consiste-t-elle exactement ?

La pleine conscience consiste simplement à porter délibérément son attention (sa conscience, donc) sur l’instant présent, ou sur un objet en particulier : il peut s’agir de notre souffle, d’une partie de notre corps, des sons qui nous entourent, d’un point situé devant nous.

On peut la pratiquer de différentes manières : la plus courante et la plus connue est la position du lotus, assis en tailleur mais les occidentaux, moins habitués à cette position, peuvent également s’asseoir sur une chaise, les mains posées sur les cuisses.

On parle alors de « pratique formelle » : s’asseoir chaque jour, si possible à la même heure, pour un temps défini à l’avance, 20 minutes, 45 minutes, selon sa disponibilité.

Un temps durant lequel on ne fait rien d’autre que de ramener sa conscience sur l’objet de son attention…

Intégrer la méditation de pleine conscience dans sa vie

L’exercice, bien qu’à portée de tous, est pourtant plus difficile qu’il n’y parait car les distractions, qu’elles soient extérieures à nous (bruits divers, interruption inattendue…) ou qu’elles proviennent de nos pensées (liées le plus souvent au passé ou au futur), de nos sensations (position inconfortable, envie de se gratter, picotement…) ou des émotions qui nous traversent, feront leur possible pour détourner notre attention.

La pratique de la méditation demande en effet de la régularité, de la constance et de la détermination pour en ressentir les bienfaits sur son bien-être, son efficacité et sa santé. C’est la raison pour laquelle de nombreux néo-méditants finissent par abandonner la pratique au bout de quelques temps.

Le manque de temps est très régulièrement invoqué enfin pour justifier une absence ou un abandon de pratique. Je reconnais qu’il peut être difficile de bloquer chaque jour 45 minutes dans son agenda pour méditer !


En revanche, il devient facile d’intégrer durablement la méditation dans sa vie quand on s’autorise à la pratiquer sur des temps plus courts: s’asseoir pendant 5 minutes, au réveil ou avant de se coucher, ou encore une petite minute juste avant d’entrer en réunion ou de se rendre à un rendez-vous, en voiture ou dans la salle d’attente. 60 secondes durant lesquels vous choisissez sciemment d’arrêter le temps et de porter votre conscience sur votre ressenti ou sur le rythme de votre respiration…

Car s’asseoir pendant une minute, c’est déjà pratiquer la méditation.

Car s’asseoir pendant une minute, c’est déjà pratiquer la méditation.

En la pratiquant souvent, dès que vous en avez l’occasion ou que vous en ressentez le besoin, et surtout sans culpabiliser de ne pas pouvoir y consacrer plus de temps, vous ne tarderez pas à éprouver vous aussi des bénéfices concrets sur votre quotidien.

Vous vous sentirez moins stressé(e), plus calme, plus centré(e), avec un esprit plus clair, une conscience aigüe de soi et des autres et une plus grande ouverture sur le monde qui vous entoure.


Et si vous decidiez de préserver vos week-ends ?

Savoir profiter de son week-end est un art subtil et délicat qui consiste à trouver le meilleur équilibre entre le temps de l’action, tissé de tâches plus ou moins contraintes (faire les courses hebdomadaires, entretenir la maison, le jardin pour certains, conduire les enfants à leurs activités et aux compétitions…) et le temps du ressourcement, qui s’appuie à la fois sur le repos (faire une grasse matinée en famille, s’accorder une sieste le dimanche après-midi… ), et sur ce qui va contribuer à recharger nos batteries (aller boire un verre, partir dîner chez des amis le samedi soir, flâner le dimanche matin au marché…).

Or, le temps du ressourcement, pourtant nécessaire à notre récupération et à la bonne gestion de notre énergie, a tendance à s’amenuiser au profit du très gourmand temps de l’action.

Et pour cause, nous espérons faire rentrer dans les deux jours du week-end tout ce que nous n’avons pas eu le temps de faire en semaine, au détriment de notre repos et de notre détente. Difficile, il faut bien l’avouer, de faire autrement certains week-ends, mais nous pouvons de temps en temps nous organiser en amont pour libérer notre fin de semaine de sa longue liste d’obligations :

Et si cette semaine, nous nous passions tout simplement d’une tournée de courses alimentaires pour nous satisfaire de ce que nous avons déjà en stock ?

Et si nous renoncions à cette nouvelle invitation pour cocooner en soirée en regardant la dernière saison de notre série préférée ?

Et si enfin nous nous offrions, le temps d’un Slow week-end, une journée sans montre pour ralentir en famille ? Désactivons les alarmes de la maison (y compris celles de nos smartphones !) et laissons-nous porter par notre tempo intérieur. Levons-nous quand nous en avons envie, mangeons quand nous avons faim, retournons nous prélasser au lit pour lire, nous détendre ensemble autour d’un jeu de cartes ou simplement nous reposer.

Et si enfin nous nous offrions, le temps d’un Slow week-end, une journée sans montre pour ralentir en famille ?

A quoi servent vos week-ends et sur quel rythme les vivez-vous ?

Faites le point.

  • Vivez-vous vos week-ends à cent à l’heure ?
  • Avez-vous l’impression de ne pas suffisamment en profiter, ou encore que votre week-end se termine déjà alors qu’il vient à peine de commencer ?
  • Démarrez-vous votre semaine fatigué d’avance, avec le sentiment de ne jamais véritablement vous reposer et d’enchaîner obligations sur obligations ? Si la réponse est oui, il est temps de réagir.

Le meilleur moyen de profiter plus régulièrement de votre week-end est de définir en amont à quoi vous souhaitez (et non plus devez) le consacrer. Positionnez-vous, faites des choix audacieux, prenez des risques, sortez de vos habitudes bien rodées, testez une autre façon de le vivre et tirez-en les conséquences !

Comme le reste de notre agenda, le week-end est ce que nous en faisons.

Il ne tient qu’à vous de mettre le temps sur pause quand vous en ressentez le besoin et de goûter aux joies simples d’un moment de détente, sans penser à la semaine écoulée ou à celle qui vient, avec aucun autre but que de se sentir bien, le meilleur des programmes pour démarrer une nouvelle semaine avec une énergie renouvelée.


La pause, votre meilleure alliée…

Le saviez-vous ? L’être humain n’est pas biologiquement conçu pour travailler deux fois quatre heures d’affilée ! De nombreuses études scientifiques l’ont prouvé, toutes les 90 minutes environ, notre capacité d’attention et de concentration connait un ralentissement et notre productivité intellectuelle décroit.

Nous sommes en effet soumis à différentes horloges biologiques dont l’une d’elle, les rythmes ultradiens, régule à la fois nos cycles du sommeil comme nos cycles repos / activité. C’est la raison pour laquelle continuer à travailler lorsque vous montrez quelques signes de fatigue est contre-productif.

Et pour cause ! Un esprit fatigué ne se concentre plus aussi bien, devient plus lent et a besoin de plus d’énergie pour avancer. Il doit faire plus d’efforts pour accomplir les tâches qui l’incombent, qu’elles soient de nature intellectuelle ou physique.

Une pause toutes les 90 minutes !

J’en fais très régulièrement le constat lorsque j’anime des journées de formation en présentiel. Je sens bien qu’au bout d’1h 30 de cours, je commence à perdre l’attention de mes stagiaires. Ils deviennent plus agités, moins impliqués dans les échanges, les bavardages sauvages s’intensifient. Certains regardent machinalement leur montre, d’autres ne résistent plus à la tentation de consulter leur smartphone, autant de petits signes inconscients qui m’indiquent de façon à peine masquée que le temps est venu de leur proposer une pause-café !

D’ailleurs, elle m’est aussi nécessaire qu’à eux car au bout de 90 minutes environ, je deviens moi-même moins patiente, je cherche mes mots, mon discours est moins percutant, et mon énergie s’effrite. Vite, une pause s’impose !

Une micro-pause peut suffire

Vous serez bien plus efficace si vous vous autorisez à prendre une pause de 5 à 10 minutes toutes les 90 minutes. C’est le temps idéal pour souffler et permettre à son cerveau de s’oxygéner. Profitez-en pour vous étirer comme un chat, quitter votre bureau et aller marcher un peu. Allez retrouver vos collègues, discuter si possible de sujets sans lien avec le travail pour mettre votre cerveau au repos, au moins pendant quelques minutes.

Mais parmi les personnes que j’accompagne, nombreuses sont celles qui font l’impasse sur les temps de pause.

Pas le temps ! Pas envie ! Trop de choses à faire ! C’est mal vu ! Que va penser ma chef ? Et mes collègues ?

« Pas le temps ! Pas envie ! Trop de choses à faire ! C’est mal vu ! Que va penser ma chef ? Et mes collègues ? » Plusieurs d’entre elles se passent même de pause déjeuner, quand d’autres avalent un sandwich en dix minutes devant leur écran, tout en continuant à trier leur messagerie électronique, sans jamais ou presque se lever de leur chaise et sortir de leur bureau au cours de leur journée de travail !

Je ne connais pourtant pas meilleur moyen pour apprendre à gérer son stress et son énergie dans la durée.

Et si vraiment vous ne disposez pas de 5 à 10 minutes pour faire une pause, accordez-vous plusieurs micro-pauses dans la journée. Une pause de 60 secondes, ou de deux minutes, peut suffire à vous ressourcer et vous redonner de l’énergie.

60 secondes pour arrêter le temps, dire stop à l’agitation et retrouver votre centre… Fermez les yeux, respirez calmement et appréciez l’instant. Il vous appartient.


Prêt(e) pour un petit test avec moi ?

Vous ne me croyez pas ? Alors, on va le faire ensemble, là maintenant. Je vous invite, là maintenant, à lancer le chrono de votre smartphone pendant 2 minutes. Et pendant 2 minutes, vous n’allez strictement rien faire. Je vais tout simplement vous demander d’arrêter toute activité et de jouer le jeu en ne faisant absolument plus rien pendant toute la durée du chrono, vous pouvez bien sûr fermer les yeux si vous le souhaitez.

C’est un exercice que j’ai l’habitude de proposer à mes stagiaires en formation, précisément pour que l’on se rende compte de combien 2 minutes peuvent être très longues, et surtout peuvent déjà suffire à faire redescendre la pression, à retrouver son centre et à renouer avec une forme d’apaisement.

On y va ? C’est parti !

Voilà, c’est terminé.

  • Comment vous ont paru ces deux minutes ?
  • Longues, pas longues, interminables peut-être ?
  • Et surtout, comment vous sentez-vous désormais ?
  • Est-ce que vous notez une différence entre la façon dont vous vous sentiez avant, et la façon dont vous vous sentez maintenant, après ces deux minutes de pause ?

En attendant de lire peut-être vos retours via les commentaires, je vous dis à très bientôt et surtout, prenez bien soin de vous !


S’offrir une retraite de quelques jours, une à deux fois par an

Lorsque l’agitation du monde se fait trop grande, et que le stress devient difficile à gérer, une autre option, complémentaire aux précédentes, s’offre à vous : vous retirer du monde pour quelques jours.

Il est des moments dans la vie où malgré nos efforts répétés et notre bonne volonté d’y arriver, nous rencontrons des difficultés à faire face au quotidien. Les réveils sont difficiles, les sauts d’humeur plus fréquents, la lassitude et la fatigue s’installent. Nous saturons littéralement, de choses à faire, d’informations, de sollicitations, d’idées, de contacts et d’échanges, dans la vraie vie comme sur les réseaux sociaux. Notre cerveau s’embrouille, nous perdons de vue nos priorités, et le sens que nous donnons à nos actions.

Avec cette impression de nous perdre en chemin. Au sens propre du terme.

C’est un sentiment que j’éprouve périodiquement, au moins une à deux fois par an, après une longue période d’activités intenses par exemple, ou lorsque je n’ai pas suffisamment déconnecté de mon travail. Alors, une à deux fois par an, quand je sens que je me suis moi aussi perdue en chemin, je m’organise pour partir seule quelques jours, sans mari ni enfants. Je pars deux ou trois jours seulement, parfois une semaine, jamais plus.

Je m’offre alors une retraite silencieuse dans l’un des nombreux lieux de retraite méditative en France, ou je choisis de m’installer dans un éco hébergement situé en pleine nature. Je n’ai pas besoin de partir loin, il m’est même arrivé de rester à proximité de mon lieu de vie, dans un hôtel confortable.

Bien sûr, je désactive l’ensemble de mes notifications et déconnecte tous mes outils digitaux. Je conserve uniquement la possibilité d’appeler ou d’être appelée, pour prendre des nouvelles de mes proches et être jointe en cas d’urgence.


J’en profite pour me reposer d’abord, et savourer le calme retrouvé.

J’en profite pour me reposer d’abord, et savourer le calme retrouvé. Je me nourris du silence qui m’enveloppe et m’apaise. Je lis, beaucoup. J’écris aussi, toujours. Toutes les conditions sont réunies pour prendre de la hauteur sur ce que je vis si intensément le reste du temps. Mes idées deviennent plus claires, mes priorités évidentes. Elles ont en réalité toujours été là, mais le brouhaha ambiant les avait temporairement masquées.

Je reviens apaisée, sereine, reposée et heureuse de retrouver mes proches.


Je m’offre également quelques jours de retraite lorsque je veux travailler sur la stratégie de développement de mon entreprise. Me retrouver seule, face à moi-même, pour définir ou redéfinir le cap que je souhaite donner à mes activités professionnelles, est un moment délicieux que j’affectionne tout particulièrement. Ma créativité, lorsque je m’isole de l’agitation du monde, s’en trouve décuplée.

Il devient si facile de clarifier ses intentions et de faire des choix conscients, éclairés, alignés…

Lorsque j’évoque dans mes ateliers ces différentes expériences de courte retraite, qu’elle soit méditative, créative (lorsque je dois terminer l’écriture d’un livre par exemple) ou stratégique, mes stagiaires sont d’abord surpris puis rapidement enthousiasmés par cette perspective de temps retrouvé, à laquelle ils n’avaient tout simplement pas pensé… avant de programmer sans plus attendre une première retraite de quelques jours dans leur agenda.