Kairos Vs Chronos : développer une approche intuitive du temps !

Vivre en harmonie avec son temps implique de savoir reconnaître quand le contexte n’est pas favorable au développement de son projet. Cette « intelligence de situation », qui se nourrit de notre expérience, nous donne les bons repères pour dépenser notre énergie à bon escient et nous abandonner, avec douceur et confiance, à notre ressenti intérieur.

Kairos Vs Chronos : l’art de saisir le « moment juste »

Le dieu grec Kairos, par opposition au dieu grec Chronos, qui est le dieu du temps physique et linéaire tel qu’on le conçoit en occident (le plus souvent symbolisé par la montre), est quant à lui le temps de l’occasion opportune, du « moment juste ».

Le dieu grec Kairos est souvent représenté par un éphèbe aux talons et aux épaules ailés qui ne porte qu’une touffe de cheveux sur la tête. Quand il passe à notre proximité, il y a trois possibilités :

  1. on ne le voit pas ;
  2. on le voit et on ne fait rien ;
  3. au moment où il passe, on tend la main, on « saisit l’occasion aux cheveux » et on saisit ainsi l’opportunité.

Kairos a donné en latin opportunitas (opportunité, saisir l’occasion). Ainsi, dans le langage courant, Kairos évoque le point de basculement décisif, avec une notion d’un avant et d’un après. Le Kairos est donc « l’instant T » de l’opportunité : avant est trop tôt, et après trop tard.

Maintenant est le bon moment pour agir.

Une notion immatérielle du temps mesurée non pas par la montre, mais par le ressenti…

Développer une approche intuitive du temps

Se mettre à l’écoute de son ressenti intérieur pour synchroniser nos actions à notre intuition nous aide précisément, par l’observation de nos émotions, de nos pensées et de tout ce qui se joue autour de nous, à déceler le moment opportun pour s’atteler à son projet.

Cette approche intuitive, qui s’inscrit dans la droite lignée du mouvement Slow, n’est pas incompatible, loin s’en faut, avec une bonne et saine gestion de son temps.

Le fait d’arbitrer ses priorités, qu’elles soient mensuelles, hebdomadaires ou quotidiennes, ou encore de planifier son travail ou ses projets dans un temps défini ne s’oppose pas, bien au contraire, à la nécessité de marquer des pauses et de ralentir le tempo quand le besoin s’en fait sentir.

La question que l’on peut se poser est : 

Quelle conception de la gestion du temps avons-nous ?

Il est évident que si l’on considère la gestion du temps comme des pratiques contraignantes qui ne visent qu’à millimétrer chacune de nos actions et à nous inscrire dans une productivité/rentabilité continue, on s’éloigne à grands pas des bienfaits du Slow dans sa vie.

La gestion du temps est intimement liée, plus que jamais aujourd’hui, à la gestion de son énergie, et plus largement à la gestion de soi.

Bien loin d’ajouter des contraintes supplémentaires à un quotidien déjà bien chargé, une gestion intuitive de son temps apporte davantage de fluidité et de liberté dans l’organisation de ses journées. Elle permet surtout de mieux gérer son énergie et d’économiser ses efforts, rendant celui qui l’adopte plus ouvert aux opportunités et disponible pour saisir le « moment juste » cher à Kairos…

Faire le choix de l’action juste…

Mais qu’est-ce qu’on entend précisément par « faire le choix de l’action juste » ?

Accordez-vous de temps en temps la liberté d’abandonner le sentiment de contrôle qui vous habite en permanence et goûtez pleinement et simplement au vrai lâcher-prise, celui qui se fonde sur une saine confiance que tout va pour le mieux en cet instant. Faites votre révolution intérieure et libérez-vous une fois pour toutes de cette injonction à l’activisme profondément ancrée en chacun de nous. Oui, l’action est pleine de vertus, mais savoir s’arrêter et ne rien faire l’est tout autant.

Et pour le comprendre, rien ne vaut la pratique, là encore.

Je mets en pratique : faire le choix de l’action juste

Si la perspective de ne rien faire du tout vous met mal à l’aise, demandez-vous d’abord pourquoi. Où se situe le problème ? Vous n’avez pas été éduqué ainsi ? C’est contraire à vos valeurs ? Vous avez trop de choses à faire ? Soit. Et si vous essayiez quand même, juste pour voir et pour en ressentir les bienfaits ?

Démarrez petit. Asseyez-vous sur votre canapé ou sur une chaise et offrez-vous cinq minutes. Pendant ce temps, ne faites absolument rien. Ne lisez même pas. Que s’est-il passé ? Rien. Qui avez-vous lésé ? Personne. Vous avez trouvé l’exercice inconfortable ? C’est normal, vous n’avez pas l’habitude, trop occupé à combler la moindre parcelle de votre temps disponible par des activités tantôt utiles, tantôt futiles.

Ma prescription est simple : recommencez l’exercice jusqu’à ce que l’envie de vous activer en toutes circonstances (et dans certains cas de brasser de l’air, avouez-le !) vous quitte enfin. Bref, jusqu’à ce que vous sachiez reconnaître avec discernement les moments durant lesquels une action de votre part est réellement recommandée, et ceux n’exigeant absolument rien de votre part, si ce n’est celui de prendre soin de vous et de votre niveau d’énergie.

C’est précisément ce que les enseignements de Bouddha dans la Roue du Dharma nommait déjà, il y a plus de 2000 ans :  faire le choix de l’action juste.

A l’heure où nous dégainons nos smartphones dès lors que se profile la moindre seconde d’attente, comme un réflexe conditionné dont nous n’avons probablement même plus conscience tant il nous parait naturel et évident, ne rien faire s’inscrit désormais dans une douce et pacifique résistance.

Ne rien faire est un art, apprenez à le cultiver !


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