Je carbure à l’urgence mais je me soigne !

Il y a ceux qui anticipent, prévoient de la marge… et les autres. Ceux qui ne fonctionnent que dans l’urgence. Faites-vous partie de ceux qui, mis au pied du mur, s’y mettent toujours à la dernière minute et qui se lancent dans THE opération commando digne de l’Agence Tous Risques pour faire en trois jours ce qu’ils auraient pu faire en plusieurs semaines :

« Bon, plus le choix, cette fois, je m’y mets ! Je prends le taureau par les cornes, je mets les bouchées doubles, je coupe mon téléphone, désactive mes notifications et je me fais couler trois ou quatre cafés bien forts car cette nuit, c’est sûr, je vais passer la soirée et la nuit à bosser… »

A priori oui, si vous avez tendance à procrastiner car les procrastinateurs, que la perspective de nuits blanches à bosser n’effraie pas, sont passés maîtres dans l’art de tout faire au dernier moment !

Si vous aussi vous êtes accro à la caféine et aux nuits blanches, si vous êtes de ceux qui font la queue devant le bureau de poste pour poster la déclaration des revenus avant minuit, « cachet de la poste faisant foi », rassurez-vous, vous n’êtes pas tout seul :

Selon un sondage OpinionWay et Comprendre Choisir, près de quatre contribuables sur dix (39%) attend les derniers jours pour envoyer sa déclaration papier d’impôt sur le revenu. L’exercice est une réelle source d’angoisse pour de nombreux foyers. L’étude relevait même une envie de quitter le pays pour près de 47% de Français (1 français sur 2 tout de même) à cause de ce moment désagréable.

L’urgence me stimule

« Je travaille mieux sous pression ». 

Combien de fois ai-je entendu cette phrase qui m’a toujours laissé un peu dubitative…

Au-delà de la peur de la sanction, ce type d’affirmation peut davantage révéler un excès de confiance en soi (« Je suis trop fort ! »), voire un sentiment de toute-puissance qui à mon sens fonctionne durant un temps mais certainement pas dans la durée.

Virginie, par exemple, est ainsi convaincue d’avoir un réel talent lui permettant de tout faire à la dernière minute !

Comme Virginie, nous nous y mettons lorsque nous n’avons plus le choix.

N’oublions pas que travailler dans l’urgence, bien qu’hautement énergivore et épuisant pour l’organisme, est d’abord valorisant. Avoir l’air débordé, courant d’une réunion à l’autre, jonglant entre notre téléphone, notre smartphone et la messagerie, une pile de dossiers bien épais en main, est, à l’ère de l’urgence, considéré comme un avantage social qui nous rend important aux yeux des autres.

Mais travaille-t-on véritablement mieux sous pression ?

Le témoignage d’une Chocoladdict :

« Dans deux jours, je suis sensée rendre mon rapport de stage. Je viens de passer une bonne partie du week-end dessus et s’il est en grande partie rédigé, il y a encore bien des points à peaufiner, vérifier. Je me mettrais bien quelques coups de pied aux fesses si j’étais assez souple pour avoir attendu le dernier moment. Impossible de travailler autrement que dans l’urgence, comme si j’avais besoin d’avoir un couteau sous la gorge pour m’y mettre une bonne fois pour toutes, comme si sans cette adrénaline patinée de stress j’étais dans l’incapacité totale d’avancer. Il suffit que je sache que j’ai encore du temps devant moi, un délai pour que je remette à plus tard.

Cette sale manie ne date pas d’hier. Je me souviens le bourrage de crâne les quelques jours avant le bac plutôt que de commencer à revoir les cours bien en amont. Je me souviens des exposés à science po que je buchais avec un autre procrastinateur en puissance quasiment la veille nous occasionnant au passage quelques frayeurs et plusieurs nuits quasi blanches. Au final, on a eu des résultats plutôt bons.

J’ai beau savoir que travailler ainsi n’est pas confortable, que je vais attraper au passage quelques poussées d’angoisse, je n’arrive pas à planifier. Mon manque de motivation pour ce genre de travail scolaire doit y être pour quelque chose mais ce n’est pas une excuse.

Tiens là tout de suite, je devrais continuer à revoir ma copie, écrire cette transition et cette conclusion qui manquent mais je suis là à bloguer en pensant qu’il me reste encore deux soirées, une fois que les enfants seront couchés….incorrigible. »


Je suis accro à l’adrénaline !

En anglais, le terme « adrenaline junkie », littéralement « accro à l’adrénaline », est très largement utilisé pour désigner les amateurs de sensations fortes. Généralement, nous trouvons ces mordus du danger avec un parachute sur le dos, prêts à sauter d’une falaise, ou dans une voiture de sport, testant les limites de leurs bolides. Mais en fait, la montée d’adrénaline peut s’obtenir à partir de n’importe quelle situation où le danger est plus important qu’en temps normal.

C’est exactement ce que font les « retardataires chroniques » en attendant la toute dernière minute pour passer à l’action : ils se mettent en danger de ne pas réussir à « livrer » à temps et se lancent le défi d’y parvenir ! « Si je réussis, je suis trop fort ! »

Leur attitude borderline leur procure une dose non négligeable d’adrénaline et de frisson qui peut finir par les rendre dépendants à l’urgence.

L’adrénaline, également appelée hormone épinéphrine (souvenez-vous de la grosse piqûre plantée d’un coup sec dans le cœur d’un patient en arrêt cardiaque pour le réanimer dans la série « Urgences » !) est une hormone naturelle qui va augmenter nos capacités afin de nous rendre plus puissants physiquement et mentalement dans une réaction de fuite ou de combat face à un stress. On l’appelle d’ailleurs aussi l’hormone aux trois « F » (« Fear, Fight or Flight »).

L’hormone, fabriquée par nos glandes surrénales, provoque une augmentation de la fréquence cardiaque, de la force musculaire, de la pression sanguine et l’« éclatement » des sucres pour libérer de l’énergie. Ces injections d’adrénaline dans la circulation sanguine sont appelées des « bouffées d’adrénaline ».

Un effet qui peut durer plusieurs heures et peut rapidement nous rendre dépendants…

C’est cette même dépendance que l’on retrouve chez les accrocs à la course à pied et à la performance sportive en général.

Certes, carburer à l’adrénaline procure des sensations fortes mais les effets néfastes dépassent de loin les avantages.

En effet, un rythme de vie effréné donne l’impression de pouvoir accomplir plus. Malheureusement, l’adrénaline détruit la capacité naturelle du corps à performer à long terme.

Veillez avant tout à accepter des échéances réalistes ! Apprenez à connaître vos limites et devenez plus raisonnables en acceptant des échéances que vous pourrez réellement tenir, sans vous épuiser ! Ce sera assurément le meilleur moyen de tenir le rythme dans la durée.


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